Vous voyez, c'est comme cela qu'on fait pour tomber dans le vide. Du moins, c'est comme cela que j'ai fais.
D'abord, tu tombes malade. Tu sais que ca ne dureras pas longtemps, mais tu as peur de te soigner. Tu vas voir le médecin. Il te donne des médicaments. Que tu prends, que tu ne prends pas. Tu sais que lundi, tu es surchargé de boulot. Toi est ta bonne volonté, tu essaies de t'accrocher. Mais non, tu dormiras tout l'aprés-midi. En te réveillé l'autre matin, tu as eu peur de ne plus jamais pouvoir bouger. Cette aprés-midi, tu te réveilla en pensant à ton professeur de français. Celle qui est tyranique. Qui te fais peur. Parce qu'un professeur, oui, peut faire peur. Tu as l'impression qu'elle ne te comprendra pas, mais c'est certains, elle ne veut pas comprendre. Et tu essaies alors, dans l'optique d'avoir seulement de la bonne volonté de faire ton ridicule petit commentaire de merde. Mais tu n'y arrives pas. Les phrases s'enchainent, s'entres-mèlent, se coupent, se reforment, t'abrutissent, t'embêtent, t'énervent. Tu n'en peux plus, tu as envie que tout cela s'arrête. Tu ne veux plus essayer. Tu veux réussir. Tu as toujours ta bonne volonté mais tu ne sais plus comment l'utiliser. Les phrases l'ont brouillé. Tu cherches le moyen. Mais ces phrases ne veulent rien dire. Elle sont vide de sens. C'est toi qui est vide à présent. Tu perds ton sens. Tu perds ta vie. Tu ne veux plus qu'un jolie texte, avec des phrases au sens clair et correcte. Tu sais que tu peux y arriver, alors tu essairas encore une fois. Tu n'as trouvé que cette façon de travailler. Tu veux y arriver. Et tu cries : " S'il te plait, aide moi, j'ai besoin de toi", à quelqu'un que tu ne connais pas. Tu ne sais meme pas si ces phrases ont un destinataire. Mais tu t'en fous. Pourvu que quelqu'un les entende. Allé, on rééssaie ?